HYPERESTHESIE

RECHERCHES
PROJET PROFESSIONNEL BTS DMTE OPTION B 2018

La suréfficience mentale est une condition que tout le monde connait mais de façon tout à fait erronée, ces personnes dotées de suréfficience mentale sont plus communément et maladroitement appelés « surdoués ». Cependant la suréfficience implique énormément de conséquences néfastes au quotidien dont l’hyperesthésie : l’exacerbation de tous les sens, l’overdose de sensations et de sentiments. C’est un trouble qui empêche et aliène le quotidien et le bien-être de l’individu concerné. Les personnes qui ne disposent pas de suréfficience mentale, dits « normo-pensants », ne peuvent pas comprendre et dans la majorité des cas, ne prennent pas au sérieux la réelle douleur de vivre dans un monde avec temps de stimulus sensoriels puissants et constants. Cependant la compréhension est tout ce dont les suréfficients demandent pour que leur entourage prenne conscience et essaye de s’adapter à leur mode de vie : porter des vêtements moins colorés, ne pas laisser trop de lumières allumées, ne pas abuser du parfum, etc.

Comment une transcription textile d’une pathologie peut être vecteur d’une compréhension et d’une éducation ?

L’hyperesthésie est une condition dont souffrent les surefficients mentaux qui représentent en France, 1,5 millions de personnes. Cette particularité consiste à une exacerbation des sens, à l’extrême. Même si cela leur permet d’appréhender le monde avec bien plus de détails et de nuances, cela engendre des gênes, voire des douleurs. Les surefficients ont besoin de compréhension de leur hyperesthésie par leur entourage et le personnel médical personnalisé. Ils se prennent régulièrement des réflexions comme «Tu exagères, tu en fais trop, c’est pas si grave.» par leurs proches qui ne le vivent pas. J’ai donc décidé, en prenant le statut de chercheure indépendante en design textile, de lancer un sujet de recherche inspiré de l’hyperesthésie, qui confronterait les normopensants («qui ont un fonctionnement cérébral dit «normal»») à leurs sens.

Pour ce faire, j’ai travaillé en collaboration avec des hyperesthésiques pour mieux comprendre moi-même ce qu’ils ressentaient. J’ai établi des témoignages, j’ai testé leurs sens, pour me permettre de voir comment accentuer ou provoquer les sens chez une personne non hyperesthésique. Des premières expérimentations sur les techniques textiles comme le crochet ou le tricot m’ont permis de voir que le surefficient adore la complexité et la diversité des méthodes utilisées. C’est donc une recherche sur la superposition et la surdose qui ont commencé.

Grâce à des dons, j’ai récupéré de chez Morgan où j’ai réalisé mon stage, des robracs et des échantillons de matières sur lesquelles j’ai pu testé des augmentations des sens. L’IFSI de St-Venant m’a également donné des modules sensoriels comme une brosse de Wilbarger ainsi que des contacts de fournisseurs pour des matières médicales comme CREAPLAST qui crée de la fausse peau sur laquelle s’entraine les chirurgiens.

Tout ce travail de recherches sensoriels et de questionnements de la matière m’ont permis d’élaborer plusieurs gammes textiles. Tout d’abord, un travail plutôt métaphorique de l’hyperesthésie avec la mise en jacquard de peintures abstraites réalisées avec la technique de la flipcup destinée à des modules tricotés. Le motif obtenu par cette technique de peinture représente l’overdose des sens chez les hyperesthésiques. Ensuite, une gamme de crochet a été réalisées grâce aux dons d’échantillons de matières. Ces modules, tout comme les premiers, représentent la diversité des informations perçues par les surefficients, cette gamme questionnant autant le visuel que le toucher. La dernière gamme est un travail plus unique d’artisant, reflétant la notion d’exacerbation des sens, qui a pour but d’assembler une multitude de matières et de techniques en tout genre afin de provoquer les sens de ceux qui le touchent. Nous y trouvons du feutre, du tissage, du tricot, du crochet, du non- tissé avec des matériaux divers comme du sac poubelle, des jeux pour enfants, des clous, des coquillages, etc. Ces modules questionnent également les notions de températures, d’électricité statique, etc.

Interprétation métaphorique et simulation jacquard

Expérimentations tissées et modules crochetés

Tapis pédagogique de simulation sensitive

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